Lancée
en pleine opération rachat, la série PES souhaite passer la seconde
et retrouver le statut de référence sur consoles HD. Alors qu'elle
n'est plus considérée que comme simple alternative à FIFA, la
simulation de Konami a été retravaillée en profondeur afin de
reconquérir le cœur des connaisseurs du ballon
rond.
Touché par les critiques en 2007 et 2008, à la fois de la presse
spécialisée et des joueurs, Konami a fait de cet opus 2010 celui du
changement, de l'évolution, en attendant la révolution. Conscient
des tares de ses deux premiers opus HD, le développeur nippon s'est
(enfin) mis au travail pour faire progresser l'expérience à tous
les niveaux. Sans pour autant se détourner d'une ligne de conduite
semble-t-il destinée à ne jamais être totalement remise en
question, Konami a donc sérieusement bossé sur l'équilibre de son
jeu de foot, tout en concédant de nouveaux efforts. On pense
notamment à la plastique de PES 2010, nettement supérieure à celle
de ses aînés, enfin digne de machines HD, ou encore à la bande-son,
dont l'impact se fait réellement ressentir sur l'ambiance d'un
match. Premiers touchés, les commentateurs, puisque le duo de cette
année est composé de Grégoire Margotton et Christophe Dugarry, les
deux journalistes sévissant actuellement sur Canal +. Bien vu !
Le moteur du jeu a
assez nettement évolué. C'est pas trop tôt !
Visuellement donc, PES franchit enfin un palier, arbore des
textures fines et s'appuie sur des effets de lumière qui mettent en
valeur stades et pelouses comme il se doit. Sans être encore
totalement irréprochable, le jeu de Konami a de la gueule et peut
toujours s'appuyer sur une modélisation des visages qui surclasse
la concurrence, au point de rendre FIFA totalement ridicule. En
effet, l'équipe de développement n'a pas relâché ses efforts à ce
niveau et continue, d'année en année, à gonfler la base de données
de joueurs ayant leur sosie dans PES. Inutile de vous dire qu'en
jouant avec les plus grands clubs et les plus grandes équipes
nationales, vous ne trouverez guère d'intrus dans le lot, la
plupart des protagonistes étant brillamment dessinés. Parmi les
détails qui symbolisent le travail minutieux effectué sur la
technique du jeu, les plus fidèles à la série verront de nets
progrès sur les maillots, de moins en moins lisses et de plus en
plus souples, jusqu'à faire apparaître beaucoup plus de pliures
qu'auparavant. Toutefois, PES a encore quelques efforts à faire
pour devenir plus crédible à l'écran. Les joueurs paraissent par
exemple bien grands par rapport à la pelouse et l'animation quant à
elle, répond à quelques mécanismes tout droit sortis d'une usine de
robots sur pattes. Nuançons cependant la chose en précisant que
cette animation est bien meilleure aujourd'hui qu'elle ne l'était
dans les premières versions que Konami nous a permis d'essayer.
L'écran tactique
se pare de quelques nouveautés intéressantes.
Le gameplay continue
de laisser une impression assez mitigée mais force est de constater
que l'on prend bien plus de plaisir à jouer à PES 2010 que ce
n'était le cas dans les volets 2009 et 2008. Bien mieux équilibré,
plus lent, plus construit, ce gameplay constitue une réelle
satisfaction dans la mesure où l'on retrouve en partie les
mécanismes des anciens PES, ceux qui dominaient la planète foot
virtuelle sur PS2. Les joyeuses parties de ballon de plage dans un
méli-mélo sans nom ont laissé place à un jeu plus structuré et à
des lignes remises à leur place. En découle un comportement de
l'IA très nettement amélioré
dans le placement, notamment des défenseurs qui ont décidé
d'installer les barbelés dans l'axe du terrain. S'il faut
rapidement grimper en professionnel pour voir l'IA adverse opérer un marquage strict et
efficace dans cette zone, les joueurs de sa propre équipe savent se
situer sans difficulté. Ainsi, la frustration qui émanait de duels
quasiment refusés par l'IA a
disparu si tant est que vous ne fassiez pas les frais de la gestion
des contacts par moments douteuse. En effet, on constate
régulièrement qu'un attaquant parvient quasiment à transpercer le
joueur qui était à son marquage, sans que ce dernier ne se soit
livré. De manière générale, les duels entre deux joueurs sont bien
peu mis en avant, que ce soit sur des balles aériennes ou tout
simplement pour la possession du ballon au sol. On regrette ainsi
de ne pouvoir davantage s'appuyer sur le gabarit du joueur contrôlé
pour s'imposer.
Les lignes, bien
que parfois un peu désorganisées, sont beaucoup moins bordéliques
qu'auparavant.
Au rayon des nouveautés, attardons-nous sur un système
totalement nouveau dans PES, celui qui consiste à personnaliser le
comportement de chacun des milliers de joueurs de la base de
données. Cela se fait en passant par une interface dans laquelle
est rangée une quarantaine de cartes qui correspondent toutes à une
capacité particulière. L'utilisateur peut donc choisir d'associer
un maximum de 11 cartes à chaque joueur afin qu'il jouisse de la
capacité en question. Ainsi, vous pouvez demander à un meneur de
jeu de venir se poster régulièrement dans la surface de réparation
pour venir soutenir les attaquants ou à un autre joueur de
multiplier les faux appels dans le dos de la défense adverse. Seul
problème, le tout est incroyablement bordélique et surtout pas
intuitif pour un sou. Le nom de chacun des compétences n'est pas
vraiment explicite et la description qu'on en fait est très
"PESesque", à savoir que les termes employés n'ont guère de lien
avec le football, ce qui rend chacune de ces descriptions
brouillonne et imprécise. Pourtant, l'idée a vraiment du bon,
d'autant que cela permet de personnaliser totalement la façon de
jouer de votre équipe en attribuant les compétences différemment
d'un autre utilisateur de PES. Malheureusement, l'impact sur le
terrain n'est pas des plus visibles. Autrement dit, Konami tient là
un concept très intéressant mais doit le développer et le
simplifier pour lui octroyer une réelle importance dans le
gameplay.
Touche.
Plus loin dans les menus, on constate que FIFA 09 a largement
inspiré les développeurs de PES puisque ceux-ci ont décidé de
porter les "dispositifs persos" dans leur simulation. Reprenant
quasiment trait pour trait les différentes options de ces
dispositifs, les tactiques de PES jouissent donc davantage de
possibilités, comme le fait de défendre haut ou bas, d'étirer ou de
rapprocher les lignes ou encore d'encourager les permutations entre
des joueurs occupant le même poste. Idem en ce qui concerne le
principe de tactiques rapides, ici appelées stratégies que l'on
associe à chacune des quatre touches principales de la manette (en
maintenant la gâchette gauche appuyée). En plein match, il est donc
désormais possible de demander à votre équipe de presser davantage,
de jouer le contre, de se ruer à l'attaque, de jouer le hors-jeu,
ou encore, à vos défenseurs centraux d'apporter le surnombre. Cette
dernière option constitue d'ailleurs l'originalité principale des
stratégies de PES puisque c'est quelque chose que l'on ne trouve
pas dans FIFA et qui, pourtant, est de plus en plus pratiqué dans
la réalité. On ne compte par exemple plus le nombre de buts qu'a
marqués un joueur comme Daniel Van Buyten en postition
d'avant-centre dans les dernières minutes d'un match. Cela
s'inscrit dans la logique d'une autre option apparue il y a
quelques épisodes, celle qui permet de sélectionner trois joueurs
qui monteront systématiquement sur les coups de pied arrêtés. Un
vrai plus afin d'apporter un peu de taille dans la surface de
réparation adverse.
Les replays sont
de toute beauté.
Mais au final, l'essentiel de PES se situe au niveau de sa Ligue
des Masters, dont le contenu a une fois de plus été enrichi. Ainsi,
ce mode carrière est extrêmement complet, avec d'entrée, la
possibilité de personnaliser les règles du championnat joué ou même
d'y inscrire une équipe qui n'y figure pas au départ. De plus,
l'apparition des compétitions européennes telles que la Ligue des
Champions et de l'Europa League dans le calendrier annuel apporte
énormément à la Ligue des Masters. La gestion financière a
également été amplifiée avec la possibilité de modifier à sa guise
les salaires du staff technique, de l'entraîneur au recruteur en
passant par le préparateur physique ou le médecin du club. A
l'instar de tous les menus du jeu, l'interface de la Ligue des
Masters a été complètement revisitée, adoptant un design un peu
plus chaleureux et surtout, offrant une réelle ergonomie. Niveau
contenu et licences, PES fait du surplace et compte un retard
conséquent pour ne pas dire astronomique sur FIFA. Si Konami a
réussi à arracher la licence Europa League après celle de la
Champion's League, l'éditeur semble connaître de plus en plus de
difficulté à acheter celles des championnats, notamment européens.
Ainsi, toujours pas de Bundesliga et seulement deux équipes
anglaises licenciées (Liverpool et Manchester United), idem pour 12
clubs espagnols sur 20. C'est maigre, très maigre. En revanche, la
famille des sélections nationales s'est agrandie avec l'apparition
de nouveaux pays (Guinée, Honduras, Mali, Ouzbékistan ou encore
Qatar pour ne citer qu'eux). Un bon point à quelques mois de la
Coupe du Monde 2010 que certains ne manqueront sans doute pas de
simuler dans leur jeu de foot favori. Pour ce qui est des
transferts, là aussi, il y aura du boulot pour les futurs
acquéreurs du jeu. En tout cas, dans notre version, de nombreux
mouvements n'étaient pas pris en compte, et pas forcément des
transferts ayant été effectués dans les dernières heures de
l'intersaison.